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PETITION CONTRE LE PROJET AUTOROUTIER VSV
DE LA CRAU ET DE LA CAMARGUE

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Arguments contre le tracé VSV


Une autoroute en Camargue et en Crau ? Un projet toxique et absurde !

Présentation du projet d’autoroute

La liaison de l'A54 entre le péage d’Emigny vers Salon de Provence et le péage d'Arles vers Nîmes est actuellement assurée par une route nationale sur quatre voies (la RN 113).

Plutôt que d'imposer les normes autoroutières à cette route nationale et mettre en place des moyens sérieux permettant la suppression des nuisances résultant du trafic, il est actuellement envisagé de créer de nouvelles nuisances en construisant au Sud du pays d'Arles une liaison autoroutière sur quatre voies.

Ce projet dénommé Variante "Sud-Vigueirat" (la VSV) traverse la Crau humide et le Nord de la Camargue, régions dont l'extrême sensibilité environnementale ne devrait plus être rappelée.

Rappel des faits

1. Le contournement autoroutier VSV correspond à un tracé établi dans les années 90 à une époque où l'opinion publique croyait encore au "tout autoroute" et où la prolifération autoroutière, particulièrement importante dans la région PACA, n'avait pas encore fait l'objet d'un réveil écologique collectif.

Les esprits ont heureusement évolué et la VSV est devenue aujourd'hui parfaitement inconcevable et incompatible avec les objectifs de développement durable assignés par l'ensemble des pouvoirs publics.

Il faut savoir que, dans les années 90, plusieurs variantes ont été étudiées, certaines passant par le Nord, d'autres par le Sud de la ville d'Arles, et d'autres encore consistant principalement en un aménagement plus ou moins exigeant de l'existant.

2. Il est essentiel de rappeler que le projet dit "VSV", anciennement dénommé «V6», avait déjà été rejeté par le médiateur, Monsieur Albert ASTIER (nommé par le Préfet de Région), dans son rapport du 26 décembre 1996. Monsieur ASTIER avait au terme d’un travail très approfondi, rejeté ce tracé en raison de ses multiples contraintes et inconvénients, notamment du point de vue environnemental.

Ainsi, Monsieur ASTIER a légitimement et clairement conclu : "Ce tracé est très destructeur. […] En tout état de cause, il s’agit d’une variante à abandonner. »

3. Le Rapport Préliminaire établi par la DDE en 2002 concluait par ailleurs que les tracés passant par le Sud d'Arles :

-" ont le plus fort impact sur le milieu écologique;

- comprennent le plus de Zones Naturelles d'Intérêt Ecologique;

- traversent 3 à 5 fois plus de sites d'observation d'espèces ornithologiques que les autres tracés;

- consomme plus de Co2;

- regroupe le plus de zones submersibles;

- ont le plus d'effet de coupure et de perturbation du milieu;

- ont le plus d'impact sur la réglementation Européenne;

- ont le plus d'emprise sur le riz;

- ont le plus d'emprise sur l'arboriculture…]."


Photo Lucien Clergue

4. La VSV a néanmoins été discrètement réintroduite par la DDE fin 2002 et présentée au Ministre de l'Equipement en 2004. Contre toute attente, cette variante a été retenue par décision du Ministre de l'Equipement (Monsieur Gilles de Robien) en date du 7 février 2005. La VSV a ainsi été proposée au Ministre de l'Equipement à l'issue de moins de 2 ans d'études préliminaires alors que les autres tracés avaient été étudiés et présentés au public pendant prés de 12 ans.

Il est donc permis de conclure que la VSV a été ressortie à la hâte du "chapeau" de la DDE à une époque :

-> où un tracé passant par le Nord de la ville d'Arles avait suscité une résistance importante des riverains concernés,

-> et où l'option d'aménagement de la RN 113 avec un passage tunnelier sous la ville d'Arles avait rassemblé l'opinion des associations et des acteurs économiques locaux (mais a été suspendu au lendemain de la catastrophe du Mont Blanc).

La VSV n'est donc pas née d'une étude logique des besoins et des possibilités locales mais de l'entêtement de la DDE de l'époque qui voulait faire avancer coute que coute un projet autoroutier.

5. C'est dans ces conditions discutables que la VSV est néanmoins devenue la seule variante à faire l'objet d'Etudes d'Avant-Projet Sommaire et fait maintenant partie des projets d'infrastructure audités dans le cadre du Schéma National des Infrastructures de Transport aux termes du Grenelle de l'Environnement.

Un projet toxique générateur de pollutions

Il convient de rappeler que le transport routier représente l’une des principales causes de dégradation de notre environnement.

Il est notamment responsable d'émissions massives de plusieurs gaz à effet de serre qui contribuent au phénomène de dérèglement climatique (sources : CITEPA/Inventaire CNUCC).

Ainsi,

-> Le secteur des transports émet 4 gaz à effet de serre : C0², N²0, CH4, HFC). A 95%, il s’agit de dioxyde de carbone (CO2)

-> Le secteur des transports est le premier émetteur de dioxyde de carbone : 35% du total émis en France). Dans ce cadre, le transport routier à lui seul en est responsable à plus de 93%

-> Les transports routiers représentent à eux seuls un quart des émissions nationales totales de gaz à effet de serre. Ces émissions ont augmenté de 23% entre 1990 et 2004.

-> A lui seul, le trafic routier est responsable de 94% des émissions de CO2 liées au transport intérieur, dont 55% pour les voitures particulières, 27% pour les poids lourds, 17% pour les véhicules utilitaires et 1% pour les deux-roues.

-> les émissions de protoxyde d’azote (N2O) par les transports routiers ont triplé (+170%) sur la même période.

Il convient de préciser en outre :

-> Que l’émission de gaz à effet de serre ne représente pas la seule cause de pollution atmosphérique. Les véhicules émettent également des particules fines qui sont dangereuses pour la santé

-> Le trafic routier génère en outre des nuisances sonores qui sont inacceptables pour des millions de riverains

-> Notons également que la route est, loin devant le transport fluvial, ferroviaire ou même aérien, le plus gros consommateur d’énergie. Le transport routier représente à lui seul 94% de la consommation du secteur du transport.

-> Enfin, outre la violence routière, la route est la cause d’une fragmentation des territoires.

En ce sens, la réalisation d’une autoroute est directement contraire à la politique nationale d’élaboration d’une trame verte et bleue qui vise justement à identifier et éliminer les obstacles et fractures qui perturbent les flux d’espèces végétales et animales.


Un projet incompatible avec le Grenelle de l'environnement

-> Le projet d’autoroute VSV est directement contraire aux engagements du Grenelle de l’environnement.

Le document récapitulatif de la Table ronde finale du Grenelle dispose en effet :

« 1.2 Un changement drastique de stratégie dans les transports

Là aussi, la rupture s’impose. Il s’agit d’un changement radical d’approche, passant du principe du rattrapage autoroutier à un développement à grande échelle des transports alternatifs. Aujourd’hui, 83% des déplacements de personnes se font en voiture, 10% en train, et 1.5% en avion. En ce qui concerne le transport domestique de marchandises, la route assure 86% des trafics, le transport ferroviaire 12%, et le fluvial 2.3%.

Le paradigme actuel, fondé sur la priorité accordée aux infrastructures routières et autoroutières1 et sur le développement séparé des modes de transport doit être abandonné pour une logique de développement intégrée, multimodale, dans laquelle la route et l’avion deviennent des solutions de dernier recours imposées par l’état des technologies ou la géographie. La capacité routière globale du pays ne doit plus augmenter, sauf pour éliminer des points de congestion et des problèmes de sécurité, ou d’intérêt local. Ce principe s’appliquera avec bon sens. Il s’agit aussi de réduire l’intensité énergétique des transports. L’objectif retenu est de réduire de 20% d’ici 2020 les émissions actuelles de l’ensemble des transports(pour les ramener au niveau de 1990). »

Le projet de création d’une autoroute est donc directement contraire à cet objectif de réduction de 20% d’ici 2020 des émissions actuelles du secteur des transports. A noter : cet objectif de réduction de 20% d’ici 2020 est repris à l’article 10 de loi « Grenelle 1 » du 3 août 2009 portant mise en œuvre du Grenelle de l’environnement.

-> Le projet d’autoroute VSV est directement contraire à l’objectif de réduction des émissions de GES défini par la loi « Grenelle 1 » portant mise en œuvre du Grenelle de l’environnement :

« La lutte contre le changement climatique est placée au premier rang des priorités. Dans cette perspective, est confirmé l'engagement pris par la France de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050 en réduisant de 3 % par an, en moyenne, les rejets de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, afin de ramener à cette échéance ses émissions annuelles de gaz à effet de serre à un niveau inférieur à 140 millions de tonnes équivalent de dioxyde de carbone» (art.2).

On l’a vu : le transport routier est le premier responsable des émissions de gaz à effet de serre. La construction d’une autoroute et l’incitation qu’elle créera pour le renforcement du trafic routier est parfaitement contraire à l’objectif de réduction de 3% par an, en moyenne, des émissions nationales de gaz à effet de serre.

-> Le projet d’autoroute VSV est directement contraire à la priorité donnée par la loi « Grenelle 1 » à la réduction des émissions de GES dans le transport routier

« Les mesures nationales de lutte contre le changement climatique porteront en priorité sur la baisse de la consommation d'énergie des bâtiments et la réduction des émissions de gaz à effet de serre des secteurs des transports et de l'énergie» (art.2)

-> Le projet d’autoroute VSV est contraire au critère de sélection d’éventuels nouveaux projets routiers :

L’article 10 de la loi « Grenelle1 du 3 août 2009 précise en effet :

« Dans une logique de développement des transports multimodale et intégrée, l'Etat veillera à ce que l'augmentation des capacités routières soit limitée au traitement des points de congestion, des problèmes de sécurité ou des besoins d'intérêt local en limitant les impacts sur l'environnement».

Or, le présent dossier le démontre parfaitement, le projet VSV ne correspond : ni au traitement d’un point de congestion, ni au règlement d’un problème de sécurité, ni à un quelconque intérêt local (cf. infra).

-> Le projet VSV n’est pas « largement engagé » et doit donc être abandonné

L’article 10 du projet de loi « Grenelle 1 du 3 août 2009 précise :

« Les projets permettant d'achever les grands itinéraires autoroutiers largement engagés seront menés à bonne fin dans les meilleurs délais et dans le respect de normes environnementales conformes au développement durable ».

Cet article correspond à une doctrine du Ministère de l’écologie : les projets « largement engagés » avant le Grenelle ne seront pas remis en cause par le Grenelle : les autres oui.

Or, le projet VSV n’est pas « largement engagé » en ce sens qu’il n’a à ce jour fait l’objet d’aucune autorisation administrative ou autre déclaration d’utilité publique.

C’est d’ailleurs pour cela que les projets de contournement routiers de Bordeaux et Toulouse ont été abandonnés par le Ministère de l’Ecologie en juin 2008 : le projet VSV prés d’Arles doit subir le même sort.


Un projet contraire aux objectifs initialement fixés par l'Etat

 Ce projet d’autoroute destiné à assurer une liaison entre le péage d’Emigny et le péage d’Arles ne sera compatible avec aucun des objectifs suivants :

->    s'inscrire dans un programme d'aménagement durable prenant en compte les projets d'infrastructures existants, le développement du transport intermodal et l'économie d'Arles et de ses environs;

->    préserver l'environnement sensible de la Crau humide et du Nord de la Camargue;

->    diminuer les multiples pollutions résultant de la RN113 et;

->    améliorer la sécurité sur la RN 113.

->    Le projet VSV ne permet pas de réduire le nombre d'utilisateurs de la RN 113

 Si la RN 113 est parfois embouteillée à l'occasion des jours fériés et des périodes de vacances, principalement en Août, cela n’est absolument pas suffisant pour justifier la création d'une autoroute dans la région de France qui en détient déjà le plus grand nombre.

On ne doit pas dimensionner pas des routes en fonction des seuls pics de fréquentation sauf à rentrer dans un cercle vicieux d'utilisation toujours plus importante des transports routiers

-> Le projet VSV ne permet pas de supprimer la coupure urbaine créée par la RN 113 au Sud de la ville d'Arles

La RN 113 (présentée lors de sa création comme une infrastructure indispensable et particulièrement bien pensée) existe et ne va pas être supprimée par un contournement autoroutier qui créerait une deuxième coupure au Sud d'Arles, dans des zones écologiquement extrêmement sensibles.  

Il faut noter que les urbanistes sérieux considèrent et constatent que les velléités de transformation de routes intensément fréquentées par la population locale, en boulevards urbains se traduisent toujours par des fiascos. Ce type de coupure est malheureusement dans la plupart des cas irrémédiable sauf à procéder à des aménagements lourds (mais moins onéreux que la création d'une autoroute), tels le recouvrement des voies existantes. A cet égard, l'indigence des études urbanistiques relatives à l'aménagement du passage de la RN 113 en limite Sud de la ville mérite d'être soulignée.

Enfin, la réalisation de la VSV nécessiterait la construction d'une nouvelle rocade au Sud de la ville afin de rejoindre le Nord de la ville (ou l'activité industrielle et commerciale est concentrée). Cette rocade créerait encore une coupure urbaine et encerclerait la ville d'Arles.

En résumé, au lieu de supprimer une coupure urbaine, la VSV créerait deux coupures urbaines supplémentaires et compromettrait une urbanisation harmonieuse de la ville.

-> Le projet VSV ne limite pas les nuisances des riverains de la RN 113 et n'améliorerait pas la sécurité routière.

Bien au contraire, cette autoroute multiplierait les nuisances, notamment en permettant aux usagers de rouler à des vitesses excessives.

Les nuisances sonores et autres pollutions dont les riverains de la RN 113 sont victimes  résultent du non respect des normes de protection sonores et de pollution auxquelles une voie autoroutière est normalement soumise.

Faute d'aménagements appropriés, la RN13 est une route non seulement toxique sur le plan environnemental mais aussi dangereuse en raison :

- de son mauvais état d'entretien,

- et de son utilisation par de nombreux camions dont la vitesse et le comportement ne sont aujourd'hui pas sérieusement contrôlés.

La RN 113 doit donc impérativement être réaménagée sur toute sa longueur entre les deux péages et avec un soin particulier entre la rive droite du Rhône et le village de Raphèle les Arles. C'est à ce prix que les nuisances de la RN 113 seront maitrisées, et non en créant de nouvelles nuisances dans des zones exceptionnellement fragiles.

En effet, le trafic ne disparaitra pas de la RN 113. Un contournement autoroutier diminuerait peut-être le nombre de camions affectés au transport international sur la RN 113 mais les camions de transport national et local continueront à utiliser la RN 113 tout comme les automobilistes locaux et autres utilisateurs soucieux d'éviter les péages.

En outre, rappelons que la grande majorité des industries et centres économiques de la région étant situées, dans les zones industrielles du Nord d'Arles, de Tarascon, Beaucaire, Chateaurenard, Saint Etienne du Gré et d'Avignon, de nombreux camions et véhicules légers devront utiliser une rocade encore à construire qui viendrait définitivement encercler Arles par le Sud et l'Ouest. Cette rocade multiplierait les nuisances sonores, les pollutions et autres risques liées à toute infrastructure routière.

Un projet contraire au développement durable de la région

-> Le projet VSV est contraire à un programme cohérent d'aménagement durable de l'ensemble de la région.

Le projet VSV ignore les possibilités exceptionnelles de la ville d'Arles au regard du développement du transport intermodal.

Les auteurs du tracé VSV semblent avoir oublié qu'Arles, grâce à son port et au réseau ferré qui le jouxte offre une possibilité unique de combinaison de transports fluviaux, maritimes, ferroviaires, et routiers … si les infrastructures routières étaient correctement orientées.

Il y a là un gisement de développement intelligent pour l'ensemble de la région que la VSV compromet.

->    Le projet VSV est contraire au développement économique du pays d'Arles.

Industrie

Il n'est pas contestable que le poumon économique de la ville se situe au Nord : dans la zone industrielle, prés du port fluviomaritime, et à proximité des zones industrielles et commerciales des communes de Beaucaire, de Tarascon, Saint Etienne du Gré, de Chateaurenard et d’Avignon.

La zone industrielle Nord d'Arles, sans compter les zones industrielles des communes susvisées représente une surface industrielle de prés de 54 hectares avec une surface disponible de près de 59 hectares alors que la zone industrielle du Sud d'Arles ne représente que 26 hectares sans aucune possibilité d'extension et sans proximité avec les autres zone industrielles de la région[1].

Comment une nouvelle infrastructure prétendument destinée à relier les axes autoroutiers Est et Ouest pourraient ignorer le bassin économique et d'emplois qu'elle a vocation à irriguer ?

Agriculture

En outre, du point de vue agricole, on ne peut que s'étonner de constater que la zone d’étude couvre non seulement des zones d’agriculture biologique mais aussi de production d’appellation d’origine contrôlée (foin de Crau, élevages ovins et de taureaux). Ces précieuses contributions à une agriculture respectueuse de l'environnement et souhaitée par les populations et les pouvoirs publics doivent elles être irrémédiablement sacrifiées ?

Tourisme

La VSV va dégrader une partie substantielle de la campagne Arlésienne et entraîner ainsi la disparition du tourisme vert, source non négligeable de revenus et de développement pour la population locale. Bien plus, la VSV priverait les commerçants d'Arles (notamment les hôteliers et restaurateurs) de la visite des usagers qui, aujourd'hui accèdent directement et immédiatement au centre ville).

Finances publiques

Le budget annoncé pour la réalisation de ce projet il y a près de 8 ans sans prendre en compte le caractère inondable des zones traversées et les nouvelles normes autoroutières sera très largement dépassé. Un tel investissement ne pourrait, en l'état actuel des finances publiques, être financé que par un péage onéreux.

A défaut, il serait regrettable qu'un budget public aussi important ne soit pas consacré à des aménagements plus judicieux et à des actions plus sociales et/ou économiques au profit du pays d'Arles.

-> Le projet VSV causera un préjudice grave et irréversible à l'environnement et au patrimoine naturel de la région.

Le Pays d’Arles est d’une extrême sensibilité du point de vue environnemental particulièrement au Sud et à l'Est qui sont des zones qui devraient, dans le prolongement du parc naturel régional de Camargue, être sanctuarisées.

Or, c'est justement dans ces zones que la VSV est prévue !

Personne ne peut contester que la VSV affecte de nombreux sites protégés au niveau international (a), communautaire (b) et national (c).

En outre, elle compromet définitivement les nécessaires extensions du réseau de protection de la Camargue et de la Crau qui reste encore insuffisant (d)  et menacer la nappe phréatique de la Crau (e).

-> Le projet VSV viole les engagements internationaux de la France en matière de protection de l’environnement

Ce projet est incompatible avec les protections internationales dans la mesure où :

 D’une part, il traverserait des zones humides protégées au titre de la Convention de Ramsar,

 D'autre part, il aurait d'évidentes et nocives incidences sur la Réserve de Camargue qui a pourtant été reconnue Réserve de Biosphère par l’Unesco dans le cadre du Programme Man and Biosphere.

Le périmètre de la Réserve de Camargue est jugé trop réduit et une extension de ce périmètre est nécessaire à l'efficacité des protections recherchées au niveau international. La VSV, non seulement méconnait les protections internationales actuelles, mais au surplus compromet la mise en place des protections futures indispensables.

-> Le projet VSV viole les engagements européens de la France en matière de protection de l’environnement

Du point de vue communautaire, la zone affectée par la VSV :

- traverse quatre sites Natura 2000 : site FR9301596 – Marais d'Arles et de la Vallée des Baux, site Fr9301595 Crau Centrale – Crau Sèche, Fr9310019 – Camargue, site Fr9101405 – Le Petit Rhône. Ces sites regroupent plus d'une vingtaine d'habitats ou espèces prioritaires;

- passe également à proximité de six autres sites Natura 2000: site Fr9310064 – Crau Sèche, site Fr9301595 – Delta de Camargue, site Fr9101406 – La Camargue Gardoise, site Fr9301592 - Delta de Camargue, Fr9310064 - Crau Sèche et site Fr9301590 – Le Rhône e

- traversera sans doute trois autres sites supplémentaires à la suite du projet d'extension de ces sites: site Fr9312001 - Marais du Vigueirat, site Fr9301590 - Le Rhône, site Fr9310019 - Camargue.

Il convient aussi de relever que la VSV franchit une des plus riches zones de refuge de glaciaires de l'ensemble de la Crau humide et qui est la seule à être située sur un périmètre Natura 2000

->   Le projet VSV menace des espèces et espaces protégés

Le projet met en en péril de nombreuses espèces végétales et animales protégées au plan national, des zones naturelles d’intérêt faunistique et floristique, ainsi que de zones protégées en application des dispositions de la Loi Littoral et un Espace Boisé Classé (Le clos des Graviers).

La VSV traverse également le Parc Naturel Régional de Camargue ainsi que son périmètre d’extension qu’il viendrait définitivement compromettre. Un projet d'extension du périmètre du Parc Naturel Régional de Camargue est pourtant en cours et vient de faire l'objet d'une Enquête Publique dont les conclusions sont aujourd'hui à l'étude.

Il faut savoir que nombreux sont ceux qui considèrent que le périmètre du Parc est trop réduit et qu'une extension de ce périmètre est nécessaire au maintien de la protection des zones sensibles situées au Sud, à l'Est et à l'Ouest d Arles.

Or, ce projet d'extension qui quelques années auparavant avait l'ambition de couvrir l'ensemble de la Camargue et de la Crau humide a été fortement réduit et prévoit (comme par hasard !) un périmètre qui viendrait s'aligner sur le tracé de la VSV. Cette situation choquante et inacceptable démontre bien les dommages collatéraux irréversibles que la VSV est déjà en train de causer.

La réalisation de la VSV menace la nappe phréatique de la Crau qui alimente plus de 200 000 personnes en eau potable et dans laquelle sont cultivés les foins de Crau et élevés des troupeaux d'ovins, de taureaux et de chevaux.

La nappe phréatique de la Crau a déjà été fortement endommagée par une catastrophe écologique récente et nécessite une plus grande protection : à la suite d'une fuite d'une vanne d'un pipeline, plus de 4 millions de litres de pétrole ont été déversés dans la réserve naturelle de Coussouls de Crau, une réserve naturelle unique en France, dernière steppe aride abritant de nombreuses espèces typiques d’Afrique du Nord et de la Péninsule ibérique.

La VSV porte atteinte aux paysages. Quiconque se rend sur les zones de passage du VSV et leurs alentours ne peut qu'être impressionné par la beauté originale des paysages qui, eux aussi, méritent d'être protégés.


Des alternatives existent

A l’heure de la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement, des choix stratégiques écologiquement responsables, de la lutte contre le réchauffement climatique, de la préservation de la biodiversité et de la réduction des pollutions, il n’est pas concevable que la VSV, voie le jour.

Ainsi, l’hypothèse d’un aménagement de la RN113  n'a pas été étudiée par la DDE.

Le passage actuel de la RN 113 à la limite Sud de la ville d'Arles et les nuisances sonores et autres pollutions qu'il génère pourraient être diminuées :

-  à très  court terme par :

(i) la  construction de murs anti-bruit et de couvertures des voies et du pont (le tout dans le cadre d'un ambitieux projet d urbanisme et d'architecture);

(ii)la pose de revêtements spéciaux qui limitent l'impact sonore et la pollution atmosphérique, et

(iii)la limitation drastique de la vitesse des véhicules et en particulier des camions;

- et à plus long terme:

 par la mise en place d'un passage sous-terrain (les dispositifs de sécurité ont considérablement évolué depuis l'incident du Mont Blanc et de nombreux tunnels sont aujourd'hui utilisés et réalisés, cf. Marseille),

La réalisation de ces enfouissements , couvertures et autres mesures de protection permettrait une véritable réappropriation de la zone par la ville avec création de jardins, d'aires de jeux et d’éléments urbains, comme c'est le cas sur une partie des périphériques à Paris.


Conclusion

Ce projet d’autoroute injurie le bon sens:

* il impacte dramatiquement le Sud et l'Est du pays d'Arles qui pour des raisons environnementales devraient être sanctuarisés dans la continuité de tout ce qui se fait le long du Rhône entre la mer et la ville d'Arles;

*    il néglige le Nord qui, pour renforcer le développement économique de la région, devrait être irrigué par une liaison  intégrée dans le programme LEO;

*     il ne règle pas les problèmes de nuisance, de sécurité et d'urbanisme crées par l'état actuel de la RN 113;

*     il mobilise un budget considérable qui devrait être affecté à des projets moins couteux et plus efficients pour la région.

En réalité, il s'agit d'un projet dépassé et dangereux qui doit être abandonné au profit d'une réalisation cohérente et moderne, composée de plusieurs mesures pouvant être mise en œuvre de manière successive conformément à un programme d'aménagement durable traitant en priorité la réduction drastique des pollutions de la RN 113.

On ne peut rester sourd au réveil écologique de notre pays et aux aspirations légitimes à un développement harmonieux. Le monde a changé depuis les années 90 : une conscience grandissante et généralisée de la nécessité de préserver notre planète, un constat alarmant du réchauffement climatique, une acceptation de la nécessité de chacun de prendre des mesures individuelles et quotidiennes pour protéger notre environnement en recyclant, roulant moins en voiture et moins vite.

A l'heure de l'heureuse responsabilisation collective et individuelle face à qualité de l'environnement, la VSV apparait comme un vestige absurde des politiques d'aménagement brutal qui ont saccagé notre pays et particulièrement la région PACA.

Le projet VSV doit être définitivement abandonné.

 

L'association Arles Camargue Environnement et Nature (A.C.E.N.) est une association Loi 1901 à but non lucratif

Remerciements pour les photos à Yann Arthus-Bertrand • Gilles Martin-Raget • Felicia Murray • Aginum