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PETITION CONTRE LE PROJET AUTOROUTIER VSV
DE LA CRAU ET DE LA CAMARGUE

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Arguments contre le tracé VSV


  1. I. Présentation du projet

Situation actuelle: la RN 113 assure la liaison de l'A54 entre le péage d'Emigny vers Salon de Provence et le péage d'Arles vers Nîmes.

Projet du gouvernement: création d'une autoroute contournant Arles par le sud: la variante « Sud-Vigueirat » (dit projet VSV) :


                                         


Historique:

  • Alors que le tracé a été élaboré dans les années 90, en même temps que plusieurs variantes (notamment par le Nord, ou même un aménagement du tracé de la RN113), il avait été rejetté par le médiateur, M.ASTIER (nommé par le préfet de Région) dans son rapport du 26 décembre 1996, en raison de ses multiples contraintes, notamment du point de vu environnemental.

    Il concluait ainsi: «ce tracé est très destructeur (…) en tout état de cause, il s'agit d'une variante à abandonner».

  • Le Rapport Préliminaire établi par la DDE en 2002 concluait par ailleurs que les tracés passant par le Sud d'Arles :

      • "ont le plus fort impact sur le milieu écologique ;

      • comprennent le plus de Zones Naturelles d'Intérêt Ecologique ;

      • traversent 3 à 5 fois plus de sites d'observation d'espèces ornithologiques que les autres tracés ;

      • consomme plus de Co2 ;

      • regroupe le plus de zones submersibles ;

      • ont le plus d'effet de coupure et de perturbation du milieu ;

      • ont le plus d'impact sur la réglementation Européenne ;

      • ont le plus d'emprise sur le riz ;

      • ont le plus d'emprise sur l'arboriculture…]."

Cependant, contre toute attente, ce tracé a été retenu par le ministre des transports, Monsieur Gilles De Robien, le 7 février 2005.

A ce titre, nous vous proposons de consulter un document rédigé en 2008 par la Direction Régionale de l'Equipement, qui faisait déjà état de nombreuses difficultés, notamment environnementales, concernant le projet de contournement d'Arles par le sud: cliquez ici. 


II. Un projet toxique, générateur de pollution

Bien entendu, un tel projet va contribuer à favoriser/accroitre le transport routier.

Or, il constitue l'une des principales causes de dégradation de notre environnement.

En effet, les transports routiers sont responsables:

  • de l'émission massive de plusieurs gaz à effet de serre (les transports routiers représentent à eux seuls 1/4 des émissions nationales totales de gaz à effet de serre) ;

  • de l'émission de particules fines dangereuses pour la santé ;

  • de nuisances sonores importantes ;

  • de la fragmentation des territoires.


III. Un projet incompatible avec les volontés affichées par le Grenelle de l'environnement

1. Le projet VSV est contraire à la volonté de changer de stratégie dans les transports

Le Grenelle de l'environnement a clairement prévu que «la capacité routière globale du pays ne doit plus augmenter» afin de parvenir à un objectif de «réduction de 20% d’ici 2020 des émissions actuelles du secteur des transports» (objectif repris par l'article 10 de la loi «grenelle I» du 3 août 2009 portant mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement).


2. Le projet VSV est contraire à l'objectif de réduction des GES

Le grenelle confirme «l'engagement pris par la France de diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050 en réduisant de 3 % par an, en moyenne, les rejets de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, afin de ramener à cette échéance ses émissions annuelles de gaz à effet de serre à un niveau inférieur à 140 millions de tonnes équivalent de dioxyde de carbone» (art.2).

On l’a vu, le transport routier est le premier responsable des émissions de gaz à effet de serre. La construction d’une autoroute et l’incitation qu’elle créera pour le renforcement du trafic routier est parfaitement contraire à l'objectif précédemment énoncé.


3. Le projet d’autoroute VSV est contraire à la priorité donnée par la loi «Grenelle 1» à la réduction des émissions de GES dans le transport routier

«Les mesures nationales de lutte contre le changement climatique porteront en priorité surla baisse de la consommation d'énergie des bâtiments et la réduction des émissions de gaz à effet de serre des secteurs des transports et de l'énergie» (art.2)


4. Le projet est contraire aux critères de sélection d'éventuels nouveaux projets routiers

L'article 10 de la loi Grenelle I du 3 août 2009 précise: «Dans une logique de développement des transports multimodale et intégrée, l'Etat veillera à ce que l'augmentation des capacités routières soit limitée:

  • au traitement des points de congestion,

  • des problèmes de sécurité ou

  • des besoins d'intérêt local en limitant les impacts sur l'environnement».

En l'espèce, le projet VSV ne correspond ni au traitement d’un point de congestion, ni au règlement d’un problème de sécurité, ni à un quelconque intérêt local.

L’article 10 précise également:«Les projets permettant d'achever les grands itinéraires autoroutiers largement engagés seront menés à bonne fin dans les meilleurs délais et dans le respect de normes environnementales conformes au développement durable ».

Ainsi, les projets « largement engagés » avant le Grenelle ne seront pas remis en cause par le Grenelle : les autres oui.

Or, le projet VSV n’est pas « largement engagé » en ce sens qu’il n’a à ce jour fait l’objet d’aucune autorisation administrative ou autre déclaration d’utilité publique.

C’est d’ailleurs pour cela que les projets de contournement routiers de Bordeaux et Toulouse ont été abandonnés par le Ministère de l’Ecologie en juin 2008 : le projet VSV prés d’Arles doit subir le même sort.


IV. Un projet contraire aux objectifs initialement fixés par l'état

Pour rappel, les objectifs sont les suivants:

  • S'inscrire dans un programme d'aménagement durable prenant en compte les projets d'infrastructures existants, le développement du transport intermodal et l'économie d'Arles et de ses environs ;

    Or, Le projet VSV ne permet pas de supprimer la coupure urbaine créée par la RN 113 au Sud de la ville d'Arles, et va mm créer une 2e coupure au sud d'Arles dans des zones écolongiquement très sensibles.

    A ce propos, le Schéma National des Infrastructures de Transport (SNIT), dans son audit du projet autoroutier, relève que "le projet peut conforter le transport routier dans les échanges Est-Ouest du Sud de l’Europe au détriment des autres modes de transport (notamment autoroutes de la mer en Méditerranée)" (cliquez ici afin de consulter la grille du contournement élaborée par le SNIT).
  • diminuer les multiples pollutions résultant de la RN113 ;

    Or, énormément de pollutions vont être générées (cf. supra)

  • améliorer la sécurité sur la RN 113.


Or, le trafic ne disparaitra pas de la RN 113. Un contournement autoroutier diminuerait peut-être le nombre de camions affectés au transport international sur la RN 113 mais les camions de transport national et local continueront à utiliser la RN 113 tout comme les automobilistes locaux et autres utilisateurs soucieux d'éviter les péages.

En outre, rappelons que la grande majorité des industries et centres économiques de la région étant situées, dans les zones industrielles du Nord d'Arles, de Tarascon, Beaucaire, Chateaurenard, Saint Etienne du Gré et d'Avignon (cf. paragraphe V.) de nombreux camions et véhicules légers devront utiliser une rocade encore à construire qui viendrait définitivement encercler Arles par le Sud et l'Ouest. Cette rocade multiplierait les nuisances sonores, les pollutions et autres risques liées à toute infrastructure routière.


V. Un projet contraire au développement durable de la région

Considérant les spécificités territoriales du pays d'Arles, il existe la possibilité de combiner les transports fluviaux, maritimes, ferroviaires et routiers si les infrastructures routières étaient correctement orientées.

Par ailleurs, le projet est clairement contraire au développement économique du pays d'Arles: 

  • Industrie: le poumon économique de la ville se situe au Nord (54 hectares de surface industrielle, contre 26 au Sud).

  • Agriculture: le tracé emprunte un territoire au caractère agricole très fortement marqué

  • Tourisme: outre la disparition du tourisme vert due à la disparition de la campagne arlésienne, la VSV priverait les commerçants d'Arles de la visite des usagers qui aujourd'hui accèdent directement au centre de la ville.

  • Finances publiques: un tel projet sera extrêmement coûteux pour la collectivité. Nul doute que des péages très onéreux devront être créés afin de financer une telle infrastructure. Il semble beaucoup plus cohérent de financer plutôt un aménagement de la RN 113. 


VI. Un projet portant gravement atteinte à l'environnement et au patrimoine de la région

VII. Des alternatives existent 

L’hypothèse d’un aménagement de la RN113 n'a pas été étudiée par la DDE.

Or, le passage actuel de la RN 113 à la limite Sud de la ville d'Arles et les nuisances sonores et autres pollutions qu'il génère pourraient être diminuées :

- à très court terme par :

  • la construction de murs anti-bruit et de couvertures des voies et du pont (le tout dans le cadre d'un ambitieux projet d urbanisme et d'architecture);

  • la pose de revêtements spéciaux qui limitent l'impact sonore et la pollution atmosphérique;

  • La limitation drastique de la vitesse des véhicules et en particulier des camions.

- et à plus long terme: par la mise en place d'un passage sous-terrain (les dispositifs de sécurité ont considérablement évolué depuis l'incident du Mont Blanc et de nombreux tunnels sont aujourd'hui utilisés et réalisés, comme à Marseille). 

La réalisation de ces enfouissements, couvertures et autres mesures de protection permettrait une véritable réappropriation de la zone par la ville avec création de jardins, d'aires de jeux et d’éléments urbains, comme c'est le cas sur une partie des périphériques à Paris.



Conclusion

A l’heure de la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement, des choix stratégiques écologiquement responsables, de la lutte contre le réchauffement climatique, de la préservation de la biodiversité et de la réduction des pollutions, il n’est pas concevable que la VSV, voie le jour.

Ce projet d’autoroute injurie le bon sens :

  • il impacte dramatiquement le Sud et l'Est du pays d'Arles qui pour des raisons environnementales devraient être sanctuarisés dans la continuité de tout ce qui se fait le long du Rhône entre la mer et la ville d'Arles ;

  • il néglige le Nord qui, pour renforcer le développement économique de la région, devrait être irrigué par une liaison intégrée dans le programme LEO ;

  • il ne règle pas les problèmes de nuisance, de sécurité et d'urbanisme crées par l'état actuel de la RN 113 ;

  • il mobilise un budget considérable qui devrait être affecté à des projets moins couteux et plus efficients pour la région.

En réalité, il s'agit d'un projet dépassé et dangereux qui doit être abandonné au profit d'une réalisation cohérente et moderne, composée de plusieurs mesures pouvant être mise en œuvre de manière successive conformément à un programme d'aménagement durable traitant en priorité la réduction drastique des pollutions de la RN 113.

On ne peut rester sourd au réveil écologique de notre pays et aux aspirations légitimes à un développement harmonieux. Le monde a changé depuis les années 90 : une conscience grandissante et généralisée de la nécessité de préserver notre planète, un constat alarmant du réchauffement climatique, une acceptation de la nécessité de chacun de prendre des mesures individuelles et quotidiennes pour protéger notre environnement en recyclant, roulant moins en voiture et moins vite.

A l'heure de l'heureuse responsabilisation collective et individuelle face à qualité de l'environnement, la VSV apparait comme un vestige absurde des politiques d'aménagement brutal qui ont saccagé notre pays et particulièrement la région PACA.

Le projet VSV doit être définitivement abandonné.

 

L'association Arles Camargue Environnement et Nature (A.C.E.N.) est une association Loi 1901 à but non lucratif

Remerciements pour les photos à Yann Arthus-Bertrand • Gilles Martin-Raget • Felicia Murray • Aginum